Un roman captivant sur la soif de l`or et ses conséquences sanglantes, dans les paysages impitoyables du Canada au XVIIIe siècle, par l`auteur acclamé de Dans les eaux du Grand Nord.
Une soif d'or insatiable… mais où est passé le Grand Nord ?
À la lecture de la quatrième de couverture, j'étais conquise ! Je m'imaginais déjà plongée au cœur des immensités sauvages du Grand Nord canadien, confrontée à une nature hostile, grandiose, presque écrasante. Je voulais ressentir le froid, l'isolement, la rudesse de ces territoires où l'homme n'est finalement pas grand-chose face aux éléments.
Eh bien… je les attends encore !
C'est sans doute ma plus grande déception avec ce roman. Cette nature impitoyable, que je pensais retrouver à chaque page, n'a jamais véritablement pris vie sous mes yeux. Les paysages sont là, bien sûr, mais ils restent en arrière-plan. Ils ne m'ont ni impressionnée, ni oppressée, ni transportée. Et pour un récit qui se déroule dans de telles contrées, quel dommage !
Pourtant, ne vous y trompez pas, j'ai aimé cette lecture !
Ian McGuire nous entraîne dans un pan de l'histoire canadienne que je connaissais peu. Une découverte passionnante, même si, là encore, je suis restée sur ma faim. Le contexte historique est bien présent, mais il est trop souvent survolé à mon goût. Certains événements, certaines situations auraient mérité davantage d'explications pour en saisir pleinement les enjeux. J'aurais aimé comprendre le pourquoi du comment, plutôt que de devoir parfois me contenter de quelques éléments épars. White River s'inscrit dans un contexte historique, certes, mais il ne faut pas l'aborder comme un véritable roman historique.
Là où l'auteur m'a réellement séduite, c'est avec ses personnages.
Quels personnages ! Complexes, imparfaits, parfois franchement détestables… et pourtant terriblement attachants. Même celui qui aurait toutes les raisons de nous inspirer du mépris parvient à éveiller notre intérêt, voire une certaine sympathie. Ian McGuire possède ce talent de donner de l'épaisseur à ses protagonistes, sans chercher à les rendre meilleurs qu'ils ne sont.
Et puis, il y a l'or.
Cet or qui fait tourner les têtes, nourrit les rêves les plus fous et réveille les instincts les moins avouables. Cette soif de richesse, jamais assouvie, est probablement ce que le roman retranscrit le mieux. On y découvre des hommes prêts à tout, aveuglés par l'espoir de faire fortune, incapables de savoir quand s'arrêter. La véritable sauvagerie de ce roman n'est finalement pas celle de la nature, mais bien celle des hommes.
Il m'a néanmoins manqué un peu de nervosité dans l'écriture. Un rythme plus soutenu, davantage de tension, ce petit quelque chose qui fait qu'on tourne les pages avec frénésie. Le récit est prenant, mais il aurait gagné à être plus percutant.
Alors, déçue ? Pas vraiment. Frustrée ? Certainement un peu.
J'ai découvert une histoire intéressante, des personnages remarquablement construits et une peinture convaincante des ravages de la cupidité. Mais je referme ce livre avec le sentiment d'être passée à côté de ce que j'étais venue chercher : cette confrontation avec une nature sauvage, immense et impitoyable.
Une lecture captivante, oui. Une plongée dans la folie de l'or et ses conséquences, incontestablement. Mais une immersion dans les paysages hostiles du Grand Nord ? Pour moi, la promesse n'est pas tenue.

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