Il était une fois...
Encore aujourd'hui, on prétend que le château de
Bran, en Transylvanie, était la propriété du comte Dracula. Rares sont
ceux qui s'arrêtent dans cet hôtel reculé, cerné par la neige et la
glace. L'endroit paraît habité par des fantômes depuis la nuit des
temps.
C'est là que la jeune inspectrice Mina Dragan est envoyée pour
enquêter sur un meurtre étrange. Un cadavre gît dans une chambre. Celui
de l'unique client de l'établissement. À ses côtés traîne une vieille
malle verrouillée. Avant de disparaître, l'assassin a inscrit un
tatouage énigmatique sur la main de sa victime.
Mina Dragan ne le
sait pas mais c'est pour elle le début d'un jeu de piste terrifiant qui
lui fera découvrir la face cachée et peut-être pas si imaginaire des
contes de fées de notre enfance.
Et si la clé de tous ces mystères se trouvait dans un seul livre ?
Un livre fondateur. Il était une fois Transylvania...
Dans
ce thriller qui plonge dans les profondeurs de notre subconscient,
Nicolas Beuglet explore, une fois de plus, les ombres du passé pour
éclairer l'avenir. Haletant. Vertigineux. Passionnant.
Avec Transylvania, Nicolas Beuglet quitte les rivages du thriller scientifique et psychologique qui a fait son succès pour nous entraîner dans une étrange aventure entre conte et allégorie. Le résumé promet un huis clos glacé, une enquête au cœur du mythique château de Bran, et les prémices d’une intrigue haletante mêlant meurtre, secrets anciens et symboles mystérieux. Pourtant, à la lecture, le roman s’éloigne rapidement du suspense annoncé pour devenir tout autre chose.
Certes, l’écriture est fluide, les décors bien campés et la symbolique omniprésente, mais le lecteur habitué à la tension millimétrée d’un Beuglet risque de rester sur sa faim. Ici, point d’enquête véritable, ni de rebondissements à couper le souffle : Transylvania est avant tout une course-poursuite entre deux êtres, où l’intrigue sert de prétexte à une réflexion plus large sur notre rapport à la connaissance, à la lecture et aux dérives technologiques de notre temps.
L’inspectrice Mina Dragan, figure centrale du roman, est attachante mais peine à s’imposer. Ses blessures passées, esquissées plus que développées, manquent de relief et rendent difficile une véritable empathie. Quant à Grimm, sorte de savant illuminé tout droit sorti d’un laboratoire de conte gothique, il apporte une touche de folie bienvenue, même si son rôle oscille parfois entre caricature et guide spirituel. Je l’imagine aisément, cheveux en bataille et regard halluciné derrière des lunettes, mi-Einstein, mi-alchimiste.
Au fond, Transylvania se lit davantage comme une ode à la lecture qu’un thriller. Nicolas Beuglet y délivre un message clair – parfois un peu appuyé – sur les dangers de l’intelligence artificielle, des écrans omniprésents, et sur la perte du lien humain dans un monde hyperconnecté. Une belle idée, mais qui finit par étouffer la tension dramatique et l’émotion.
En refermant le livre,j'ai reconnu la plume d’un auteur intelligent, soucieux de faire réfléchir, mais je ne retrouve pas vraiment l’intensité, la construction ou la noirceur captivante de ses précédents romans. Transylvania est une lecture agréable, stimulante sur le fond, mais qui laisse un sentiment mitigé : celui d’une œuvre ambitieuse, au message fort, mais au souffle romanesque trop vite retombé.
Une lecture intéressante, certes, mais dont on ressort plus pensif que passionné — et avec un petit « ouf » de soulagement à la dernière page.
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