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SANSONNETS, UN CYGNE A L'ENVERS - THIRY, Pierre

Ce recueil m'a été aimablement offert par Monsieur THIRY qui m'a contacté pour me proposer son livre contre une critique de ma part. Je dois bien avouer que ma réaction première a été de décliner car je ne suis absolument pas poésie. Et puis, la nuit portant conseil, je me suis dit : pourquoi pas sortir des sentiers battus et se laisser surprendre. J'ai fureté un peu sur internet, les critiques avaient l'air bonnes sans l'ensemble, alors, j'ai dit oui.

Présentation de l'éditeur

Ces cent sonnets ont été écrits un peu n'importe quand, lorsque j'avais du temps : à l'arrêt d'autobus, sur le quai de la gare SNCF, dans un train, sur une terrasse de café, dans une salle d'attente, sur un coin de table durant un repas ennuyeux, dans ma cuisine, dans mon bureau, dans un magasin de chaussures, en attendant mon tour à La Poste, en discutant avec ma coiffeuse, en attendant un dessert au restaurant, en marchant en forêt, en essayant une nouvelle chemise, en lisant un livre, en marchant sous la pluie, en savourant un concert, en rêvant au sourire chaleureux de la meilleure des amies, en écoutant converser les sansonnets au-dessus de l'étang des cygnes... 

Je dois dire que je me suis trouvée bien embêtée avec ce petit recueil entre les mains (120 pages environ) ; comment le lire. Au début j'ai commencé à lire comme un roman, page après page. Mais je me suis vite retrouvée à m'ennuyer. Alors, j'ai décidé de picorer ces sonnets au grès des titres et de mon humeur.
Et là, le miracle s'est opéré, lentement. Petit à petit j'ai pris goût à cette lecture originale, j'ai apprécié de lire du bon français avec ses jeux de mots, ses images qui se forment dans notre esprit. Je ne peux pas vous résumer ce livre comme je le fais habituellement car il n'y a pas d'histoire juste des pensées qui vont et viennent dans la tête de l'auteur. Ce livre est un condensé de ressenti, d'humeur, de constat sur notre façon de vivre. Après chacun aura un ressenti propre à lui, mais ce qui est sûr, c'est que l'on se laisse porter par le rythme de ces sonnets qui peuvent être lents ou rapides et franchement, étant dans une période assez sombre, c'est une jolie fenêtre face à la douleur et cela nous permet de nous échapper de ce monde médical pas si tendre que cela.
Sans hésitation, je conseille ce livre à tout ceux qui veulent s'évader, qui veulent rencontrer des mots maniés avec justesse et plaisir. On ressent tout l'amour de l'auteur pour ces lettres qui mises bout à bout nous donnent des sonnets et beaucoup de plaisir.
Allez, un petit pour la route qui est l'un de mes préférés :

 Il faut toujours attendre le bus avec un livre


Il faut être en quelque sorte eskimo
En hiver pour attendre l'autobus...
Il fait froid, il faut trouver des astuces
Pour réchauffer l'attente en quelques mots.

La rue du Champ des oiseaux sinistre et
Morne en décembre à l'arrêt d'autobus
Il faut y être habillé comme un Russe
Dans la steppe des joyeux sinistrés.

Dans la bise on frissonne sans manteau,
Cet endroit est bien plus froid qu'un château
Dont sont ouvertes toutes les fenêtres.

Soudain à gros flocons tombent la neige.
Je n'ai ni chapeau ni chapka, que n'ai-je
Même un vieux bouquin sous lequel me mettre ?

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