Accéder au contenu principal

LA DERNIERE PRINCESSE DE MANDCHOURIE - LEE, Lilian

Dans ce roman, nous découvrons la vie romancée de la "Mata Hari" Sino japonaise : Yoshiko Kawashima.

1913, Port-Arthur. Une fillette dans la fleur de l'innocence, quatorzième enfant du prince Su, descendante de la dynastie impériale Qing, embarque seule pour le Japon, l'ennemi héréditaire. Elle obéit au dessein paternel qui intrigue pour la restauration des Qing. Dès son arrivée à Tokyo, conformément aux ordres du prince, elle renie ses origines chinoises.
Ainsi débute le règne de Kawashima Yoshiko, la vénéneuse. Premier travestissement de celle qui passera maîtresse dans l'art du double jeu. Car, dès lors, l'innocente jeune femme cède la place à une redoutable intrigante.
Séduction, espionnage, meurtre, Yoshiko ne reculera devant rien pour atteindre son but. D'homme en femme, l'aventurière au physique de reine obtient argent, pouvoir et gloire. Le sacre de son cousin Pu-Yi, le dernier empereur, en 1934, marque la consécration de celle désormais connue sous le nom de commandant Jin.
 
J'ai toujours été fasciné par la Chine et fut un temps où je serais bien partie travailler là-bas. Aujourd’hui, je gère l’exportation vers ce pays et je commence à tisser des liens tout à fait intéressants. Même, si je ne suis pas toujours d’accord avec sa politique, notamment concernant le Tibet, sa culture, sa façon de vivre m’interpelle. Toute littérature sur ce pays m'attire et c'est donc tout naturellement qu'ayant aperçu ce livre dans les rayons de la bibliothèque je m'en suis emparée.

Ce petit roman d'environ 200 pages se lit très facilement et trouve tout son intérêt sur le côté historique et la présentation très détaillée des évènements : l’invasion de la Chine par le Japon, et la déchéance de l’empereur Pu-Yi et de toutes ses ramifications familiales.  Concernant l’héroïne, j’ai eu de mal à suivre sa vie car cette partie est noyée par la description historique qui peut être étouffante par moment. Nous avons du mal à comprendre le pourquoi du comment : elle est plus ou moins vendue au Japon (pourquoi ?) afin de récréer la splendeur de la Mandchourie et remettre sa branche familiale sur le trône ; mais en même temps elle sert de lien avec la Chine, qu’elle déteste (pourquoi ?), qu’elle espionne et qu’elle combat en se travestissant en homme, qui plus est, en général d’une clique de va nu pied et voleur. Les japonais se servent d’elle, et elle, se croit assez intelligente pour se servir d’eux. Mais bien évidemment, la loi du plus fort gagne toujours à la fin et Yoshiko est livrée en pâture aux chinois. Que dire de plus sinon qu’elle a eu la vie de toute espionne : son corps lui sert de monnaie d’échange, elle brûle sa vie par les deux bouts, elle abuse de l’alcool et de la drogue. Yoshiko pense avoir plein d’amis mais elle n’a que des ennemis.
 
Cette héroïne aurait pu nous paraitre sympathique voire attachante si l’auteure ne nous avais pas fait ressentir son aversion envers elle par l’intermédiaire de son écriture et ses descriptions toujours très négative de son personnage. Lorsque l’on écrit la vie de quelqu’un, il faut savoir rester neutre sinon cela enlève tout intérêt au roman. C’est bien dommage car je pense qu’il y avait matière pour écrire un roman plus vivant, nous faisant vivre cette vie tout à fait extraordinaire. En fin de compte, je suis restée sur ma faim.


 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

1873 - GRUNEWALD, Franck

1873: Samuel Colt vient de sortir ses tout nouveaux revolvers Single Action Army, plus faciles et rapides à recharger que les terribles revolvers à poudre noire. La bande à Burke, armée de ces nouveaux modèles écume le Colorado. Mais la dernière attaque de diligence, trop sanglante et violente, oblige les sheriff du coin à pourchasser la bande. Seule porte de sortie, le Wyoming. Désert et sauvage, le territoire est un espace de liberté où ils s'empressent de s'établir ... à leur manière.    La couverture est magnifique, la quatrième de couverture alléchante, et l'intérieur.... Franchement, je m'attendais à mieux. Vu la couverture, je me voyais chevauchant un fier destrier, dans les plaines américaines afin d'échapper à des shériff très en colère qui ne rêvaient que de me trouer la peaux avec leur colt. Bref un bon western à la John Wayne, Clint Eastwood. Et bien que nenni. S'il y a poursuite, elle arrive au dernier chapitre. Tout le temps de la lecture, je ...

CHRYSIS - FERGUS, Jim

Point de départ du dernier roman de Jim Fergus, "Orgie", tableau peint par Gabrielle "Chrysis" Jungbluth vers 1925. Peintre née en 1907 et décédée le 3 mai 1989. J'ai découvert l'auteur, il y a des années, à travers son magnifique roman "Mille femmes blanches" ; un roman qui mélangeait habillement le réel et l'imaginaire. A travers Chrysis, nous retrouvons cette ambiance : la vérité se voile de fiction avec beaucoup d'habileté. Ce livre raconte l'histoire de ce tableau. Le roman débute en 1916 avec le départ de Bogey pour les champs de bataille européens. Engagé dans la légion étrangère, il devient le "courrier cow boy", se jouant des lignes ennemies pour porter ses messages. En 1925, à Paris, Gabrielle "Chrysis" Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l’atelier de peinture des élèves femmes de l’École des beaux-arts. Elle va travailler sous la coupe du professeur Jacques Ferdinand Humbert. Celui ci fut le p...

LES VEUVES DE MALABAR HILL - MASSEY, Sujata

La première avocate de Bombay mène l'enquête Années 1920, Inde. Perveen Mistry vient de rejoindre le cabinet d'avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde, un statut qui ne manque pas de faire débat. Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes) elle est la seule à pouvoir mener l'enquête. En effet, les seules survivantes - et potentielles témoins du crime - sont les trois veuves du riche marchand, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Seule Perveen peut comprendre ce qui s’est réellement passé à Malabar Hill ... Une enquête passionnante, qui nous plonge au cœur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu'y occupent les femmes. "Perveen Mistry a tout pour plaire, dont une propension peu surprenante - mais résolument bienvenue - à se fourrer dans les affaires des autres. C’est un véritab...