Accéder au contenu principal

UN BUISSON D'AMARANTE - SARRAULT, Adrien

Lorsque Amaury débarque à Paris dans sa classe préparatoire scientifique, il n’a de français que son passeport. Né à Phnom-Penh, il a grandi à Tanger. Cette différence lui colle à la peau : admis dans une grande école d’ingénieurs, il n’en nourrit pas moins un syndrome de l’imposteur qui va le poursuivre tout au long de sa carrière. De Java à Berkeley, en passant par Paris et Pondichéry, lui, l’apatride, est en réalité à la recherche de lui-même. Classes préparatoires, grandes écoles, MBA, start-ups, comités de direction, mais aussi courses hauturières et équitation de haut niveau : Amaury trace son chemin dans un système de castes où la cooptation est la règle et où les puissants se reconnaissent et s’adoubent entre eux. Sur fond de chronique des quarante dernières années, ce roman d’apprentissage écrit dans un style corrosif et plein d’humour offre une réflexion profonde et nécessaire sur notre société et l’élitisme, dans les univers fascinants de l’aérospatial et de l’Internet.

J'ai gagné ce livre lors d'une opération masse critique sur le site 
que je remercie ainsi que les Éditions Daphnis et Chloé.

Un Buisson d’Amarante est un pur roman d’initiation. C’est l’histoire d’un jeune idéaliste, Amaury, qui déchante au cours de son apprentissage de la vie – le choix de son prénom n’est d’ailleurs pas innocent puisqu’il renvoie au personnage de F.S. Fitzgerald dans L’envers du paradis. Sa formation, très élitiste, passe par les grandes écoles, les universités américaines, les business schools dont l’esprit fédérateur et de réseautage lui reste étranger. Puis son parcours professionnel lui permet de fréquenter la bourgeoisie arrogante, le monde très fonctionnarisé de la recherche, les lobbystes cyniques, l’épouvantable univers des dirigeants d’entreprise, le monde des expatriés, les start up… Sur un ton léger, souvent drôle, détaché et surtout très réaliste, il dresse un état des lieux du monde de travail qu’il qualifie de carcéral et dénonce les milieux élitistes arrogants caractérisés par l’imposture.
Jamais à sa place, toujours étranger à tous ces milieux, apatride en quête de lui-même, Amaury n’arrive à se raccrocher à rien et se laisse porter au gré du vent, tel un buisson d’amarante, cette plante sans racine, en boule, que l’on voit systématiquement rouler dans le désert des westerns américains. De longues années de vie, de contemplation et d’introspection au bout desquelles se trouve la sagesse
Grand voyageur, cosmopolite, ingénieur et MBA, Adrien Sarrault ne cache par la part largement autobiographique de son premier livre. Comme son personnage, il est quelqu’un très comme il faut – bonne éducation, bonnes études, carrière honorable -, mais toujours en décalage. C’est ce décalage qu’il a voulu explorer dans son livre. Un roman global, comme il l’appelle, qui est une observation du monde et de ses congénères, dans différents pays et divers univers sociaux. Véritable satyre sociale, il aborde de multiples réflexions économiques, géopolitiques, scientifiques ou encore philosophique. 
Personnellement, je n'ai pas accroché. Ce n'est pas la faute de l'écrivain qui a une très belle et agréable écriture, mais voilà, ce n'est pas mon style. Je me doutais qu'il y avait quelque chose qui clochait car, lorsque je suis allée sur le site pour participer tous les livres étaient déjà validés sauf trois, dont "Un buisson d'Amarante". Mais bon, une découverte littéraire est toujours bonne à prendre et puis il faut bien donner sa chance à un nouvel auteur. Alors j'ai validé mon choix. Le problème, c'est que lorsque je lis, il me faut du mouvement, de l'action, de la découverte... Mais là, c'est un récit au jour le jour dans le style de Donna Tartt dans "Le chardonneret". C'est bien écrit mais il manque ce petit plus qui fait que l'on prend plaisir à lire ce livre, à tourner les pages. Là, je n'ai pas pris de plaisir. J'ai tourné les pages parce que je tiens mes engagements : un livre, une critique.
 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

1873 - GRUNEWALD, Franck

1873: Samuel Colt vient de sortir ses tout nouveaux revolvers Single Action Army, plus faciles et rapides à recharger que les terribles revolvers à poudre noire. La bande à Burke, armée de ces nouveaux modèles écume le Colorado. Mais la dernière attaque de diligence, trop sanglante et violente, oblige les sheriff du coin à pourchasser la bande. Seule porte de sortie, le Wyoming. Désert et sauvage, le territoire est un espace de liberté où ils s'empressent de s'établir ... à leur manière.    La couverture est magnifique, la quatrième de couverture alléchante, et l'intérieur.... Franchement, je m'attendais à mieux. Vu la couverture, je me voyais chevauchant un fier destrier, dans les plaines américaines afin d'échapper à des shériff très en colère qui ne rêvaient que de me trouer la peaux avec leur colt. Bref un bon western à la John Wayne, Clint Eastwood. Et bien que nenni. S'il y a poursuite, elle arrive au dernier chapitre. Tout le temps de la lecture, je ...

CHRYSIS - FERGUS, Jim

Point de départ du dernier roman de Jim Fergus, "Orgie", tableau peint par Gabrielle "Chrysis" Jungbluth vers 1925. Peintre née en 1907 et décédée le 3 mai 1989. J'ai découvert l'auteur, il y a des années, à travers son magnifique roman "Mille femmes blanches" ; un roman qui mélangeait habillement le réel et l'imaginaire. A travers Chrysis, nous retrouvons cette ambiance : la vérité se voile de fiction avec beaucoup d'habileté. Ce livre raconte l'histoire de ce tableau. Le roman débute en 1916 avec le départ de Bogey pour les champs de bataille européens. Engagé dans la légion étrangère, il devient le "courrier cow boy", se jouant des lignes ennemies pour porter ses messages. En 1925, à Paris, Gabrielle "Chrysis" Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l’atelier de peinture des élèves femmes de l’École des beaux-arts. Elle va travailler sous la coupe du professeur Jacques Ferdinand Humbert. Celui ci fut le p...

LES VEUVES DE MALABAR HILL - MASSEY, Sujata

La première avocate de Bombay mène l'enquête Années 1920, Inde. Perveen Mistry vient de rejoindre le cabinet d'avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde, un statut qui ne manque pas de faire débat. Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes) elle est la seule à pouvoir mener l'enquête. En effet, les seules survivantes - et potentielles témoins du crime - sont les trois veuves du riche marchand, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Seule Perveen peut comprendre ce qui s’est réellement passé à Malabar Hill ... Une enquête passionnante, qui nous plonge au cœur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu'y occupent les femmes. "Perveen Mistry a tout pour plaire, dont une propension peu surprenante - mais résolument bienvenue - à se fourrer dans les affaires des autres. C’est un véritab...