Accéder au contenu principal

LE MAITRE DES ORPHELINS - ZIMMERMAN, Jean

Ce roman est présenté comme un thriller historique ce qui avait attiré mon attention, étant très friande du genre. Il s’agit du premier roman d’une historienne américaine.
Edward Drummont, un espion anglais débarque à la Nouvelle Amsterdam en 1663. Il est chargé par le roi Charles II de débusquer trois juges régicides qui avaient autrefois signé l’arrêt de mort de son père et qui se cachent à ce moment en Nouvelle-Angleterre. Il doit aussi envoyer un rapport sur l’état des forces de la Nouvelle Amsterdam, car les Anglais n’ont pas l’intention d’accepter plus longtemps cette colonie hollandaise dans leur territoire américain. Edward se présente sous la couverture d’un marchand de céréales.
Blandine Van Couvering est une jeune marchande de vingt-deux ans qui désire se faire une place parmi les négociants hollandais. Elle est ambitieuse, jolie, indépendante et courtisée par Kees Bayard, le neveu du Gouverneur. En plus de ces qualités, Blandine s’intéresse aux autres, en particulier aux pauvres comme ses amies noires ou aux orphelins. Elle a aussi autrefois sauvé un noir de la potence et depuis il se considère comme son garde du corps. Des enfants de la communauté noire ont disparu, ce qui n’inquiète personne sauf les intéressés et Blandine, d’autres orphelins semblent portés disparus, une rumeur court qu’ils auraient été dévoré par le Vitika, un démon indien cannibale. Blandine en parle à Aert Visser, le maître des orphelins de la colonie.
Dès son arrivée, Edward remarque la jolie Blandine, Visser lui demande de prendre contact avec une famille anglaise à qui il a confié un orphelin, mais ce dernier semble avoir changé de comportement et Visser soupçonne que l’enfant a été échangé, ce que la famille nie. Le commerce de Blandine se développe, ce qui entraîne des jalousies. Son intérêt pour les enfants marginaux lui vaut de terribles rumeurs tandis qu’Edward continue ses activités d’espion. Le Vitika continue à tuer des orphelins et l’enquête progresse lentement, menée par Blandine et Edward quand ils en ont le temps. On sait qui sont les assassins d’enfants aux deux tiers du livre, dommage.
Il s’agit plus d’un roman historique très documenté. Jean Zimmerman est spécialiste de cette période et on le voit très clairement dans la précision des descriptions de La Nouvelle Amsterdam, des mœurs et des costumes de l’époque. Elle cite ses sources à la fin et on voit que le texte est basé sur une documentation solide et intéressante. Si l’auteur n’avait pas voulu réussir un roman complet avec une enquête sur les meurtres d’enfants, de l’espionnage et un roman d’amour, le tout en restituant scrupuleusement la vie à la Nouvelle Amsterdam en 1663 et 1664, ce livre aurait été plus intéressant. Elle n’a pas maîtrisé son sujet de bout en bout et il en ressort un roman tout à fait moyen. Pas raté,non, mais loin du potentiel qu’il aurait pu avoir s’il avait été condensé sur 350 pages et si l’intrigue ne partait pas dans tous les sens.
Si l’amateur de thrillers et de polars historiques ne peut qu’être partiellement déçu, l’amateur de romans historiques et de documents sur cette époque sera comblé. Pour ma part, c’est cet aspect documentaire précis qui m’a le plus intéressée, nous assistons à la naissance de New York. Et certains noms de rues ou de quartiers de la ville d'aujourd'hui sont expliqués par le livre.
Livre classé en inclassable, car il est un mix de plusieurs genres, même s'il se présente comme un thriller, mais c'est plutôt un roman historique (très documenté) assez sentimental, avec un peu d'enquête, un peu d'espionnage et un soupçon de fantastique. 
En bref, si ce n'est pas le polar historique type comme j'en ai l'habitude, j'ai eu du plaisir à lire ce roman à l'intrigue intéressante, au contexte saisissant et aux personnages attachants. Je ne les citerai pas tous bien sûr, mais dans ce roman, je me suis sentie bien entourée et j'ai eu de la tristesse à les quitter. Pour ceux qui veulent découvrir le genre, je pense que ce roman se révèle une excellente mise en bouche.


Commentaires

  1. Dommage, c'est le côté thriller historique qui m'attirait également dans cette histoire ! Merci de ton avis, j'essaierai plutôt de l'emprunter à la bibliothèque dans ce cas !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

1873 - GRUNEWALD, Franck

1873: Samuel Colt vient de sortir ses tout nouveaux revolvers Single Action Army, plus faciles et rapides à recharger que les terribles revolvers à poudre noire. La bande à Burke, armée de ces nouveaux modèles écume le Colorado. Mais la dernière attaque de diligence, trop sanglante et violente, oblige les sheriff du coin à pourchasser la bande. Seule porte de sortie, le Wyoming. Désert et sauvage, le territoire est un espace de liberté où ils s'empressent de s'établir ... à leur manière.    La couverture est magnifique, la quatrième de couverture alléchante, et l'intérieur.... Franchement, je m'attendais à mieux. Vu la couverture, je me voyais chevauchant un fier destrier, dans les plaines américaines afin d'échapper à des shériff très en colère qui ne rêvaient que de me trouer la peaux avec leur colt. Bref un bon western à la John Wayne, Clint Eastwood. Et bien que nenni. S'il y a poursuite, elle arrive au dernier chapitre. Tout le temps de la lecture, je ...

CHRYSIS - FERGUS, Jim

Point de départ du dernier roman de Jim Fergus, "Orgie", tableau peint par Gabrielle "Chrysis" Jungbluth vers 1925. Peintre née en 1907 et décédée le 3 mai 1989. J'ai découvert l'auteur, il y a des années, à travers son magnifique roman "Mille femmes blanches" ; un roman qui mélangeait habillement le réel et l'imaginaire. A travers Chrysis, nous retrouvons cette ambiance : la vérité se voile de fiction avec beaucoup d'habileté. Ce livre raconte l'histoire de ce tableau. Le roman débute en 1916 avec le départ de Bogey pour les champs de bataille européens. Engagé dans la légion étrangère, il devient le "courrier cow boy", se jouant des lignes ennemies pour porter ses messages. En 1925, à Paris, Gabrielle "Chrysis" Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l’atelier de peinture des élèves femmes de l’École des beaux-arts. Elle va travailler sous la coupe du professeur Jacques Ferdinand Humbert. Celui ci fut le p...

LES VEUVES DE MALABAR HILL - MASSEY, Sujata

La première avocate de Bombay mène l'enquête Années 1920, Inde. Perveen Mistry vient de rejoindre le cabinet d'avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde, un statut qui ne manque pas de faire débat. Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes) elle est la seule à pouvoir mener l'enquête. En effet, les seules survivantes - et potentielles témoins du crime - sont les trois veuves du riche marchand, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Seule Perveen peut comprendre ce qui s’est réellement passé à Malabar Hill ... Une enquête passionnante, qui nous plonge au cœur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu'y occupent les femmes. "Perveen Mistry a tout pour plaire, dont une propension peu surprenante - mais résolument bienvenue - à se fourrer dans les affaires des autres. C’est un véritab...