lundi 23 mai 2016

AUSTERLITZ 10.5 - BEATRIX Anne Laure, DILLARD François Xavier

En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l'échelle hydrométrique du pont d'Austerlitz. Aujourd'hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. La plupart des arrondissements ont connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L'ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s'étant retrouvé noyé par des hectolitres d'eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s'est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie... La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville. Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d'avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin... Sous le pont d'Austerlitz l'eau a atteint son record : 10.50. Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n'est qu'un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n'a de sens. Jusqu'au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au coeur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu...
Nous voici plongé dans un monde apocalyptique où Paris se retrouve submergé pas les eaux. Rien ne résiste à ce déferlement d'eau et de boue. A travers ce thriller d'anticipation très réussi, nous plongeons au plus profond de la noirceure de l'âme humaine. Alors que certains essaient de survivre, de se reconstruire d'autres ne pensent qu'à leur petits plaisirs. Le politique pour récupérer un poste important tout en écrasant son voisin et un psychopathe qui règle ses comptes avec des vedettes à qui l'argent permet tout. Deux mondes qui se croisent, se rencontrent à travers l'inspecteur Mallarmé. Lui à tout perdu : femme, enfant, logement. Ne lui reste que son boulot et l'alcool pour continuer d'avancer. Cette enquête, il la vit comme une renaissance et ne veut surtout pas échouer sous peine de ne pouvoir continuer à vivre.
Trois personnalités sont assassinées dans des conditions atroces. Seul lien entre elles, mis à part la notoriété, un musée ou ce qu'il en reste : Le Louvre. Que se passe t il réellement dans ce lieu ? Que manigance ce gouvernement rétiré de Paris ? Quelle est cette meute humaine qui hante les nuits de Paris ? Beaucoup de questions pour très peu de piste.
Nous sommes une nouvelle fois devant un écrit à quatre mains. Un début de livre que j'ai trouvé assez cafouilleux et ne lésinant pas sur les scènes d'horreur. Trois chapitres, trois époques, nous avons un peu de mal à saisir où nous sommes. Les scènes de survies sont très dures. Mais une fois le décor et les personnages plantés, nous sommes happé par cette intrigue politico-thriller. On ressent le sérieux de la documentation et la volonté de coller au maximum à la réalité fiction. Chaque titre de chapitre correspond à un tableau plus ou moins connu mais qui nous donne tout de suite la teneur du chapitre.
C'est original et captivant.