mardi 14 avril 2015

LA DERNIERE PRINCESSE DE MANDCHOURIE - LEE, Lilian

Dans ce roman, nous découvrons la vie romancée de la "Mata Hari" Sino japonaise : Yoshiko Kawashima.

1913, Port-Arthur. Une fillette dans la fleur de l'innocence, quatorzième enfant du prince Su, descendante de la dynastie impériale Qing, embarque seule pour le Japon, l'ennemi héréditaire. Elle obéit au dessein paternel qui intrigue pour la restauration des Qing. Dès son arrivée à Tokyo, conformément aux ordres du prince, elle renie ses origines chinoises.
Ainsi débute le règne de Kawashima Yoshiko, la vénéneuse. Premier travestissement de celle qui passera maîtresse dans l'art du double jeu. Car, dès lors, l'innocente jeune femme cède la place à une redoutable intrigante.
Séduction, espionnage, meurtre, Yoshiko ne reculera devant rien pour atteindre son but. D'homme en femme, l'aventurière au physique de reine obtient argent, pouvoir et gloire. Le sacre de son cousin Pu-Yi, le dernier empereur, en 1934, marque la consécration de celle désormais connue sous le nom de commandant Jin.
 
J'ai toujours été fasciné par la Chine et fut un temps où je serais bien partie travailler là-bas. Aujourd’hui, je gère l’exportation vers ce pays et je commence à tisser des liens tout à fait intéressants. Même, si je ne suis pas toujours d’accord avec sa politique, notamment concernant le Tibet, sa culture, sa façon de vivre m’interpelle. Toute littérature sur ce pays m'attire et c'est donc tout naturellement qu'ayant aperçu ce livre dans les rayons de la bibliothèque je m'en suis emparée.

Ce petit roman d'environ 200 pages se lit très facilement et trouve tout son intérêt sur le côté historique et la présentation très détaillée des évènements : l’invasion de la Chine par le Japon, et la déchéance de l’empereur Pu-Yi et de toutes ses ramifications familiales.  Concernant l’héroïne, j’ai eu de mal à suivre sa vie car cette partie est noyée par la description historique qui peut être étouffante par moment. Nous avons du mal à comprendre le pourquoi du comment : elle est plus ou moins vendue au Japon (pourquoi ?) afin de récréer la splendeur de la Mandchourie et remettre sa branche familiale sur le trône ; mais en même temps elle sert de lien avec la Chine, qu’elle déteste (pourquoi ?), qu’elle espionne et qu’elle combat en se travestissant en homme, qui plus est, en général d’une clique de va nu pied et voleur. Les japonais se servent d’elle, et elle, se croit assez intelligente pour se servir d’eux. Mais bien évidemment, la loi du plus fort gagne toujours à la fin et Yoshiko est livrée en pâture aux chinois. Que dire de plus sinon qu’elle a eu la vie de toute espionne : son corps lui sert de monnaie d’échange, elle brûle sa vie par les deux bouts, elle abuse de l’alcool et de la drogue. Yoshiko pense avoir plein d’amis mais elle n’a que des ennemis.
 
Cette héroïne aurait pu nous paraitre sympathique voire attachante si l’auteure ne nous avais pas fait ressentir son aversion envers elle par l’intermédiaire de son écriture et ses descriptions toujours très négative de son personnage. Lorsque l’on écrit la vie de quelqu’un, il faut savoir rester neutre sinon cela enlève tout intérêt au roman. C’est bien dommage car je pense qu’il y avait matière pour écrire un roman plus vivant, nous faisant vivre cette vie tout à fait extraordinaire. En fin de compte, je suis restée sur ma faim.