vendredi 20 février 2015

Mr MERCEDES - KING, Stephen

Je dois avouer que je n'ai pas suivi l'évolution de Stephen KING. Mes lectures sont restées à celles de ma jeunesse : Cujo, Carrie, Shinning. Ses autres livres ne m'ont pas attirés, trop de science fiction, de surnaturel, de fantastique.
Alors, lorsque j'ai vu les critiques encensées cet opus, j'ai renoué et franchement, je ne le regrette pas. Ici, pas de fantastique, juste une enquête, qui malheureusement au vue des derniers attentats que nous venons de subir ainsi qu'à Copenhague, n'est pas si éloignée que cela du possible, voire du faisable.

Ce roman  sort des sentiers battus auxquels l'auteur nous a habitué. Fini l'horreur, quoique... C'est avant tout un thriller et un roman d'investigation mais ce n'est pas un thriller dans lequel on cherche à deviner l'identité d'un tueur, parce que dès le deuxième chapitre, King nous le présente.
Mr Mercedes c'est l'histoire d'un détective retraité qui reçoit un courrier qui se veut être écrit par "le tueur à la mercedes". C'est un de ses dossiers qu'il n'a pas réussi à résoudre avant son départ à la retraite : une personne avait envoyé une mercedes dans une foule, faisant un vrai carnage.  Non content d'avoir tué huit personnes et d'en avoir blessé une quinzaine, cet individu retrouve la trace de cet inspecteur. Son but ? Pousser cet homme seul, déprimé, qui a terminé sa carrière sur un échec, à se suicider, tout comme le fut Olivia quelques mois plus tôt. Nargué par le tueur à la mercedes, le détective retraité va  sortir de sa torpeur et mettre son temps libre au profit de sa traque.
Comme le romancier a décidé dès le départ de nous donner l'identité du déséquilibré, le suspens ne réside plus dans le «qui à fait quoi?» mais plutôt dans le «qui va avoir la peau de l'autre?» et à ce jeu là, King se surpasse. Dire que le marchand de glaces est givré serait trop facile. Notre homme vit chez maman et partage avec elle quelques lourds secrets.  Face à ce danger difficile à identifier notre vieux flic n'a que son flair et quelques intuitions. Ce n'est pas suffisant. Le romancier lui adjoint dans un premier temps, Jerome, un étudiant noir qui s'occupe de son jardin et brille par son humour et par sa maîtrise de l’informatique.  Ensuite, il y a Holly, une femme, dont la fragilité émotionnelle et un goût pour la justice finissent par être un atout.
Ce livre arrive à faire monter crescendo une tension qui ne se relâchera pas jusqu'à la fin. Une fois les premières pages tournées, il est plus que difficile de s’arrêter. La tension s’insinue entre les lignes. L’auteur réussit à imprégner son lecteur du mal que diffuse le meurtrier.
D'après les critiques, il ne s'agit pas du meilleur roman de l'auteur, mais Stephen King -le Maitre de l'horreur- démontre qu'il possède un véritable talent de conteur. Pour moi, il s'agit du meilleur depuis pas mal d'années. Je pense, et cela n'engage que moi, que ce trio si bien planté devrait nous réserver une suite.