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LE DERNIER DUEL - JAGER, Eric

En cette matinée glacée du 29 décembre 1386, la foule afflue vers le monastère parisien de Saint-Martindes-Champs. Autour du champ clos, les curieux se pressent, attendant le roi Charles VI et, surtout, les deux hommes qui vont se battre à mort ce jour-là : Jean de Carrouges et Jacques Le Gris, seigneurs normands, ont résolu de porter devant Dieu leur querelle. Celui qui tuera l’autre verra sa cause reconnue et son honneur lavé ; le vaincu, lui, sera réputé menteur à la face de Dieu et des hommes, et son corps pendu à Montfaucon.

Voilà des années que l’inimitié a grandi entre Carrouges et Le Gris, attisée par des rancunes et des rivalités. Mais la haine atteint son comble quand l’épouse de Carrouges, la belle Marguerite, accuse Le Gris de l’avoir violée : profitant de l’absence de son mari, celui-ci, dit-elle, s’est introduit dans le château des Carrouges où il a abusé d’elle. Aucune cour n’ayant pu régler le différend, le Parlement de Paris a tranché en faveur du duel judiciaire – une issue sanglante qui sera la dernière de son espèce en France, et que maints contes, maints récits évoqueront des siècles durant.
Cette histoire, Eric Jager la raconte à la manière d’un roman policier, s’appuyant sur les sources et les témoignages qui nous sont parvenus pour ressusciter un pan entier du Moyen Âge.

Que dire de ce livre. Vu le pataquès qui est fait autour de la sortie du film, j'attendais beaucoup de cette lecture. Première surprise, nous sommes face à un livre technique. Nous sommes très loin du roman policier qui est annoncé en quatrième de couverture.

Effectivement, beaucoup de sources, de témoignages ponctuent cette lecture ce qui enlève toute fluidité à la lecture. Le seul moment digne du roman est le duel lui-même. On a vraiment l'impression d'être dans l'arène et de vivre ce moment de l'intérieur. Mais cela ne dure qu'une dizaine de pages. 

Pour les férus d'histoire, cela reste un moment de découverte. Le duel judiciaire, franchement jamais entendu parler jusqu'à cette lecture. Le duel, tout le monde connait : l'offensé laisse tomeré le gant et les deux protagonistes se retrouvent à un endroit pour régler leur différent soit à l'épée, soit à l'arme à feu. Au premier sang ou jusqu'à la mort... Ici, on attend que la justice soit rendue par Dieu. Le gagnant à raison, le perdant est un menteur. C'est Dieu qui décide de qui vivra. Pourtant, vu la violence du combat, j'ai un doute que c'est seulement Dieu qui choisit l'issue finale.

Reste que la description de cette époque, us et coutumes est très bien retranscrite, notamment grâce à une recherche approfondie. On sent que l'auteur s'est vraiment plongé dans les documents et les  extraits de ces tranches de vie ne donnent aucunement envie d'un retour dans le passé. La femme n'est rien, un ventre assurant la descendance de la famille. Sa parole ne vaut rien, même abusée, violée, elle reste une menteuse et le doute subsistera jusqu'à la fin de sa vie. 

J'attends donc de voir le film pour me rendre compte de la façon dont cette somme d'informations a été mis en image et a donné naissance à un film.


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