Accéder au contenu principal

MILDRED PIERCE - CAIN, James M.

Mildred Pierce, petite femme aux cheveux blonds mousseux et aux yeux bleus limpides, décide de se séparer de son mari ; c'est, dit-elle, parce qu'il court après une certaine Mrs.
Biederhof, mais surtout parce que, victime de la crise de 1929, il est sans travail et en prend trop aisément son parti. Elle doit pourtant gagner sa vie, et celle de ses filles, alors, pour s'en sortir, elle vend les " pies " faits maison, et travaille comme serveuse dans un restaurant. Mais cela ne suffit pas, du moins pas aux yeux de sa fille aînée, Véda, alors Mildred se lance dans les affaires et ouvre son propre restaurant " Mildred Pierce, Poulet - Gaufres - Pies ", suivi d'un deuxième, puis d'un troisième.
Elle fait aussi la connaissance de Monty Beragon, un jeune et élégant oisif, devient sa maîtresse, puis, lorsqu'il est ruiné, l'entretient. Or, pendant ces années de lutte, Véda grandit et devient une rivale redoutable au caractère orgueilleux. cupide et méprisant, et Mildred, rejetée et bafouée, se retrouve, après un drame affreux provoqué par sa propre fille, seule, pauvre et vieillie.

Ce roman, je voulais le lire depuis pas mal de temps, à vrai dire depuis la visualisation de la mini série avec la sublime
Kate Winslet. Alors dans le cadre de mon challenge, je l'ai choisi pour la rubrique "Roman d'apprentissage"

Je dois bien avouer que j'ai eu du mal à me défaire de l'image donnée par la série de Mildred et Véda pour me conformer à celle donnée par le livre. Mildred et Véda... Ah, deux sacrés bonnes femmes. Une ne vivant que pour l'autre, et l'autre ne vivant que pour la détruire. En général, on sait que la relation mère/fille n'est pas la plus simple mais là... Mildred est coincée dans sa banlieue coquette entre deux filles et un mari volage et ruiné. Afin d’échapper à ce quotidien, elle cuisine des "pies" qu'elle vend à ses connaissances. Devant faire face à la faillite de son mari et désirant donner le meilleur à ses filles, elle décide de virer le mari et de prendre un emploi. Évidemment, à cette époque, les femmes qui travaillent n'ont pas beaucoup le choix : soit servir dans une maison, soit servir dans un restaurant. Elle choisit l'option restaurant et découvre un monde dans lequel elle s'épanouit et se révèle. Voulant répondre aux rêves démesurés de Véda (elle rêve de devenir pianiste), elle ouvre son propre restaurant qui connait un succès fulgurant. Dès lors, plus rien n'a de limite et doucement et surement, cette battante se laisse happer et détruire par un amant oisif et une fille toujours insatisfaite et mal aimante. 
Deux portraits de femmes que tout oppose : Mildred, douce, fonceuse, aimante et Véda, un monstre de cruauté, de froideur et de cupidité. Ce roman c'est le récit de cette malsaine passion maternelle qui ne prendra fin qu'avec un drame. C'est aussi une peinture, pas toujours tendre, de cette époque des années 30 et de l'émancipation féminine. 

En même temps, et avec un peu de recul, on ne peut s'empêcher de se demander ce qu'il ce serait passé si Véda avait été différente. Mildred aurait elle eu la volonté de réaliser ce qu'elle à réaliser, d'aller au bout de son rêve ? Pas si sure puisque son leitmotiv, c'est répondre aux quatre volontés de Véda.
Magnifique roman, d'une noirceur réaliste.


Posts les plus consultés de ce blog

LIBERTE JE DESSINE TON VISAGE - TARASSOT, Olivier

Charlie est journaliste, en reportage au cœur de la Syrie. Julie, sa compagne, est urgentiste à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.
Leur destin bascule quand Charlie est enlevé par l'État Islamique.
De Paris à Alep, en passant par la Turquie, des vies se croisent, se bousculent, s'abîment et ricochent comme autant d'existences projetées dans le fracas d'un monde où des hommes et des femmes ordinaires deviennent les résistants de la Liberté.
Comme je l'ai signifié à l'auteur, ce fut pour ma part une lecture pénible. En effet, comme de nombreuses personnes, j'ai perdu une connaissance dans les attentats du Bataclan. Heureusement, ce n'était pas un proche mais il est toujours pénible de pouvoir mettre une voix sur des photos qui défilent à la télé.

BOREAL - DELZONGLE, Sonja

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s'envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.
 Voici une lecture glaçante. Glaçant dans tous les sens du terme. Glaçant parce que nous sommes au cœur de la nuit Arctique avec ces conditions extrêmes. Glaçant par le récit …

CENT MILLE MILLIARDS DE RECITS - Nicolas Brice Robin

Combien d'histoires différentes arriverez-vous à composer de votre vivant ? Non, ce livre ne peut pas générer une infinité d'histoires, juste assez pour satisfaire des générations et des générations sur des millénaires ! Composez méticuleusement votre histoire en tournant les volets de cet ouvrage un à un, ou bien remettez-vous en au hasard : le livre et votre imagination s'occuperont du reste ! Longue vie à l'auteur qui sommeille en vous ! Suite à une demande de l'auteur sur facebook, j'ai répondu favorablement à celle ci. Et puis, il faut bien le reconnaitre le titre a titillé ma curiosité. Cent mille milliards de récits dans un petit livre de 32 pages, couvertures comprises. Alors autant être honnête dès le début : je ne suis pas arrivée à cent mille milliards de récits. Je me suis arrêtée avant mais je dois reconnaitre que j'ai passé un très bon moment. Le principe de livre est simple : 16 phrases par page que l'on découpe jusqu'à la reliure. Ce …