vendredi 29 avril 2016

Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin - Benoît Abtey, Pierre Deschodt

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Qui est-il ? D'où vient-il ? Nul ne le sait. Arsène Lupin est partout mais personne ne connaît son véritable visage. Il est le plus célèbre malfaiteur de son temps, le plus distingué aussi. Seulement, on ne s'en prend pas aux puissants de la terre sans subir leur colère...
En 1897, au lendemain de l'incendie du Bazar de la Charité - temple de la bonne société parisienne - Lupin disparaît. On le rend responsable du drame. Athéna, surtout, l'amour de sa vie, meurt dans le brasier. Plus rien, désormais, ne compte à ses yeux.
Dix ans plus tard, un scandale éclate et le ressuscite. Lupin, changé en monstre, serait-il passé à l'ennemi ? Un quotidien, le Patriote, l'accuse d'avoir dérobé des secrets militaires pour les vendre à l'Allemagne ! La guerre est imminente.
Lupin va-t-il enfin sortir de son silence ?

Arsène Lupin a accompagné toute mon enfance mais pas l'univers de Maurice Leblanc. Mes souvenirs de ce personnage reste la série diffusée de 1972 à 1974 avec l'acteur Georges Descrières. Je le revois avec son haut de forme et sa cape noire, sa cigarette, sa petite moustache et son éternel sourire en coin. Un gentleman cambrioleur caméléon. Je ne peux donc pas comparer les deux écritures. 
Normalement, dans une écriture à quatre mains on ne doit pas sentir les différences d'écriture, le récit s'effectue avec fluidité. Là, j'ai trouvé l'écriture inégale : toutes les parties historiques, qui sont très recherchées, ressemblent plus à un cours qu'à un récit. C'est très théorique même si cela apporte un éclairage sur l'environnement et la période. Et puis, il y a les aventures d'Arsène où là, c'est vivant, prenant. D'autre part, j'ai trouvé les aventures très cafouilleuses comme ci cela était une accumulation de minis récits mis bout à bout. Pas beaucoup de logique dans tout cela. Nous quittons notre héros dans sa cariole tirée par des chevaux pour le retrouver le chapitre suivant au volant d'une automobile. Entre les deux, nous avons fait un stage dans le désert marocain à déjouer un complot qui, à part, nous présenter un nouveau personnage n'a rien à voir avec le récit précédent. Sans compter qu'en 350 pages nous faisons un bon historique de 20 ans sans tenir compte des avancées technologique qui à cette époque devait déboussoler beaucoup de monde. Et au milieu de cela, nous voilà en train de faire du rétropédalage de quelques années puisqu'il faut bien nous expliquer les faits historiques du début à la fin. Vous n'avez rien compris, et bien c'est comme cela tout au long du livre. Au bout d'un moment, on ne sait plus à quel siècle on est. C'est tout à fait déroutant.
Mais le pire du pire, c'est qu'au début du livre, Athéna, l'amoureuse secrète de Lupin, meurt brûlée dans l'incendie du Bazar de la Charité. Funéraille en grande pompe et tout le tintouin. Mais voilà qu'à la dernière page, que peut on lire : "Le lendemain même, Athéna del Sarto, reçut la visite à peine courtoise de deux agents de la couronne d'Angleterre...". Et ben, quel rebondissement. Et les agents ne semblent pas surpris de se retrouver devant un fantôme ressuscité. D'accord, nous sommes en 1914, de l'eau à couler sous les ponts et on peut avoir des trous de mémoire. Mais, il semblerait qu'il n'y ait pas que les personnages du livre qui ait oublié qu'Athéna était décédée. 
On en perd vraiment son latin. Cela me laisse l'impression plus que négative, que ce livre a été écrit pour ne faire qu'un seul tome mais qu'au fil de l'écriture les auteurs ont changé d'avis et de laisser la porte ouverte à une suite. 
L'aventure, le mystère tout est présent mais parfois j'ai eu du mal à suivre et à rester accrocher.
Je trouve que l'emballement médiatique suscité par ce livre me semble un peu trop  présomptueux. C'est un bon moment de découverte mais nous sommes loin du chef d’œuvre annoncé.