lundi 27 février 2017

UN GOUT DE CANNELLE ET D'ESPOIR - McCOY, Sarah

Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l'armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance. Jusqu'à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps ...
Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie allemande, celle d'Elsie ... Et le reportage qu'elle prépare n'est rien en comparaison de la leçon de vie qu'elle s'apprête à recevoir.
Après l'esclavage, nous voilà transporté en pleine deuxième guerre mondiale, mais, et c'est là l'originalité, du côté allemand. Le résumé de cette guerre, nous l'avons eu par nos cours d'histoire et surtout par les récits de nos grands parents. Alors, évidemment, pour nous un allemand est un boche et qui plus est, tout allemand est un nazi ou un SS.
Dans ce roman, nous découvrons que si nous, occupés, avons dû subir la folie de ces hommes, les allemands, de pur souche, en ont soufferts et bien avant nous. Ce livre est le destin croisé de plusieurs personnes : Elsie et sa sœur Hazel, Josef et Tobias. Elsie et Hazel, tout comme leurs parents, sont allemands, de bons allemands qui font confiance au Führer. Les parents ont créés une boulangerie dans laquelle les filles travaillent. Hazel est amoureuse de Peter, les fiançailles sont annoncées mais Peter meurt lors d'une opération "de nettoyage" alors qu'il vient de s'engager dans les Jeunesses Hitlériennes. Hazel se retrouve seule et enceinte. Elle est donc envoyée dans un centre spécial pour mère célibataire. Mais on comprend vite, à travers les lettres qu'elle fait parvenir à sa sœur, que ce centre sert à créer une race pure et que les femmes sont des "prostituées gratuites" qui doivent se donner à des officiers triés sur le volet et donner naissance à des enfants parfaits. Mais Elsie avec l'innocence de ses 16 ans ne comprend pas tout mais entrevoit que l'avenir promis par Hitler n'est pas si rose que cela. Elle fait la connaissance de Josef, un officier SS, qui semble fuir quelque chose ou quelqu'un. Il l'invite à participer à la fête de Noël nazi. Elle y découvre un univers de luxure alors que les gens commencent à souffrir de la faim, du froid et des humiliations. Mais surtout elle découvre Tobias, un enfant juif extrait d'un camp pour distraire les officiers en cette soirée de Noël 1944.
Voilà pour la partie intéressante du roman car franchement la partie Reba/Rikki m'a paru très ennuyeuse et je me suis surprise à lire une ligne sur deux.
Le lien entre les deux histoires, une boulangerie allemande et ses petits pains qui embaument chacune des pages et qui adoucie les souffrances d'Elsie, de sa famille, de Josef que l'on découvre plus humain à chaque page. Et Tobias... Cet enfant à la voix d'or qu'on a juste envie de prendre par la main et de l'ôter de cet enfer.
A aucun moment, qu'ils soient gentils ou méchants, les personnages ne sont caricaturaux. Les Allemands sont décrit comme des êtres humains et non des monstres. Des enfants qui ont été endoctrinés dès leur enfance ; du bourrage de crane à l'état pur. Cela n'excuse en aucune façon la barbarie d'une poignée de fanatiques, mais cela apporte juste du baume au cœur en sachant que ce peuple a subit aussi la folie d'Hitler et qu'il n'était pas bon d'être allemand en Allemagne.