jeudi 14 avril 2016

ECRITS EPARS - CAZALIS, Gérard

Que peuvent bien avoir en commun une Héloïse insoumis, un Erwan qui hume le grand large, une femme qui se baigne mystérieusement nue dans le froid, un condamné à mort, une patronne de restaurant asiatique qui n'a pas osé dire "je vous aime" trente ans plus tôt, un gamin qui engueule le bon Dieu, un travesti trahi par sa glace, un escalier qui rêve, une ville aux premiers jours d'automne, des chiens qui pissent, un cheval, un vélo et, par-dessus tout, la blanquette de veau ?

Rien, si ce n'est la fantaisie des mots pour dire la gravité des jours, le tourment d'aimer et l'encombrant voisinage de la mort. 

Que dire.... Et bien, comme le précise l'auteur dans son préambule " Ce sont des écrits de commande [...], des jeux littéraires ou des écrits griffonnés à la va vite [...]. Ils sont fait pour raconter des bouts d'histoires édifiantes, s'amuser avec le son des mots, faire sautiller quelques formules secrètes de rhétorique, détourner de leur chemin des phrases trop raisonnables [...]"
Voilà, tout est dit. Nous sommes face à 43 histoires très courtes de 20 lignes à deux pages. Si l'une d'elle ne nous plait pas, il suffit de tourner la page et de passer à la suivante. La première impression c'est que tout cela n'a ni queue ni tête. Des personnages divers et variés dans des situations coquasses, déstabilisantes voir émouvantes. C'est un festival de mots qui se suivent et qui mit bout à bout forment des phrases. L'idée m'est venue au cours de ma lecture, que je me trouvais face à une sorte de partition mais qu'au lieu d'y mettre des notes, on y a mis des mots. Une sorte de musique s'échappe de ces textes et c'est franchement agréable.
Voilà, une sympathique découverte qui remonte le moral en cas de morosité.