dimanche 11 octobre 2015

LA PART DES FLAMMES - NOHANT, Gaëlle

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Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout Paris se presse rue Jean Goujon à la plus mondaine des ventes de charité.Les regards convergents vers le comptoir n°4, tenu pas la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu'en dira t on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d'Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d'une politesse exquise qui vous assassine sur l'autel des convenances, la bonté de Sophie d'Alençon leur permettra t elle d'échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leur destins scellés lors de l'incendie du Bazar de la Charité.
Enlèvement, duel, dévotion, La part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe au cœur d'une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.

A partir, d'un fait divers réel, Gaëlle Nohant trace le portrait de trois femmes rebelles mais séquestrées par les conventions. Trois portraits magnifiques et inoubliables. 
J'ai eu connaissance de ce fait divers en lisant les diverses biographies de Sissi (mon petit côté fleur bleue). Dans ce dramatique incendie est décédée la sœur de Sissi, la princesse Sophie-Charlotte d'Alençon. Se servir de ce fait comme point de départ d'un roman est original et permet de rendre hommage à ces dames qui n'étaient considérées par la société des hommes que comme des poupées de porcelaine.

La révolution française est passée par là ainsi que la Commune de Paris. Bien qu'en fin de course, l’aristocratie est toujours bien présente et influente. C’est cette atmosphère de fin de règne qui sert de toile de fond à ce roman historique. Historique tant les recherches effectuées restituent parfaitement ce monde vivant en vase clos entre dîners fins, spectacles et autres plaisirs. Nous découvrons le monde des dames patronnesses, ces femmes de l’aristocratie qui font œuvre de charité en aidant les plus pauvres. Certaines par conviction profonde, d’autres pour se donner bonne conscience ou juste pour se montrer.
En ce mois de mai 1897, un événement phare va avoir lieu : le Bazar de la Charité. Mis en place en 1885, cette grande vente au profit de bonnes œuvres est l’événement où il faut être. Cet événement se déroule sur 4 jours. Mais le deuxième jour, alors que le nonce vient de bénir le bazar, un incendie d'une rare violence se déclenche. Trois femmes vont être unies par ce drame dans lequel beaucoup de ces dames patronnesses vont trouver la mort et qui va laisser les survivantes traumatisées.
Ce roman nous relate la renaissance de ces femmes qui se sont retrouvées face à elle même  et qui décident, chacune à sa façon, de donner un sens nouveau à sa vie et, quelque part, de donner naissance au féminisme. 
Certaines critiques sur internet souligne le fait que le livre est écrit à la manière d'un roman feuilleton. Sans doute mais cela ne m'a pas gêné, au contraire la lecture n'en que plus lisible et facile. Les faits historiques se mélangent parfaitement à la fiction jusqu'à nous faire oublié, par moment, que c'est effectivement une fiction. Dans un article de l'express, j'ai aussi vu que le journaliste comparait ce roman à la série "Downton Abbey". Je ne sais pas si vous connaissez cette série ; pour ma part, je suis une addicte. Et c'est vrai, on peut dire que ce livre est "une sorte de Downton Abbey en plein Paris."
Une très belle découverte de cette rentrée littéraire 2015. De plus, n'hésitez pas à aller compléter votre documentation sur le site Gallica qui est vraiment très riche de récits, de journaux de cette époque.