lundi 8 juin 2015

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel – PUERTOLAS, Romain

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Providence, facteur de profession et belle plante de naissance, a un vrai coup de cœur pour Zahera, sa très jeune voisine de lit à l’hôpital de Marrakech, atteinte de mucoviscidose et orpheline de surcroît. Elle se met donc en tête d’adopter la jeune marocaine et de la ramener à Paris pour la faire soigner par les meilleurs spécialistes. Après beaucoup d’acharnement et de  nombreux allers et retours entre la France et le Maroc, Providence obtient enfin le fameux sésame et promet à Zahera qu’elle viendra la chercher, avant que la lune ne se lève.
Mais c’est sans compter sur le fameux volcan islandais et son nuage de cendres qui empêche tous les avions de décoller… Commence alors une course effrénée contre la montre entre Providence qui se met en tête de défier les éléments pour ne pas faillir à sa promesse, et Zahera qui s’éteint lentement assaillie par un nuage qui l’étouffe.

J’ai apprécié faire la connaissance de Providence, de Zahera, du contexte, des péripéties qui se suivent pour faire avancer l’histoire. Un être humain qui vole, voilà une affaire qui semblait mal engagée ! Cependant, je me suis laissée prendre au jeu. La puissance de l’amour maternel qui donne des ailes, qui permet de réaliser l’impossible, un peu de fantaisie dans ce monde de brutes, ça ne fait pas de mal ! J’ai poursuivi, curieuse de connaître le fin mot de l’histoire. Qui plus est, le suspens autour de la quête de Providence n’est pas la seule chose qui nous pousse à aller vers une fin qui, en toute honnêteté, m'a stupéfiée.
Personnellement, je n'ai pas lu L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa et je ne sais pas si je le lirais. J'ai passé un agréable moment de lecture mais ce n'est pas ma tasse de thé  : l'histoire est intéressante, pleine d'humour, pleine de tendresse  et de la dérision à la mode bisounours. Cela permet de passer un bon moment, et de retrouver son âme d'enfant. Mais Puertolas ne se contente pas d’être drôle, il sait être émouvant. L’on rit bien sûr à l’évocation de toutes ces mésaventures. Le ton est léger, inconséquent, railleur et pourtant son écriture révèle une vérité humaniste, une grandeur d’âme qui ne peut que nous attendrir.