lundi 27 avril 2015

CA PEUT PAS RATER - LEGARDINIER, Gilles

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Marie est une jeune trentenaire déçue et en colère. Après dix ans de vie commune avec Hugues, elle a enfin ouvert les yeux : Hugues est un mufle de la pire espèce… Il cristallise les pires défauts d’un petit-ami, c’est un stéréotype sur pieds !
Non honteux de la tromper, une fois découvert le pot aux roses, il la somme de quitter l’appartement qu’ils partageaient, sans plus attendre. Ecoeurée, Marie ne partira pas sans lui laisser une ou deux surprises croustillantes. Mais cette rupture lui permet avant tout un nouveau départ et le bilan mitigé de tout ce temps perdu avec un homme qui n’en valait pas la peine. Tout s’enchaîne pour cette héroïne vivifiante et pleine de ressources (beaucoup plus qu’elle ne le croyait elle-même), alors qu’elle mène une croisade contre un patron despotique, accompagnée de ses fidèles collègues dans son entreprise où elle s’occupe du service du personnel. Sa vie privée est également sur le point de connaître de nombreux rebondissements. Elle reçoit des billets anonymes d’un admirateur qui n’ose pas se révéler trop vite à elle. Legardinier, adepte du suspense, maintient le mystère jusqu’à la toute fin sur son identité ce qui devient vite un jeu pour le lecteur.
Avec sa grande amie Émilie, qui, elle aussi a connu de nombreux déboires amoureux, auprès de laquelle elle peut puiser réconfort et légèreté, Marie va mener l’enquête. Qui est celui qui lui dépose des mots doux ? Il est alors temps d’ouvrir les yeux et tant pis pour sa promesse qu’on ne l’y reprendrait pas : il y a encore certainement des hommes dans son entourage qui peuvent la comprendre, la faire rire et l’émerveiller. En tout cas, entre deux crises de fou rire hystérique, quelques moments gênants et des accès de rage, c’est ce que notre héroïne espère le plus…

Legardinier, je le lis parce que je suis sure de passer un bon moment de détente. La quatrième de couverture laissait entendre que le sujet premier du roman était la vengeance d’une femme amoureuse bafouée et j’imaginais tous les bons et mauvais coups que notre héroïne inventerait pour venir à bout de ce macho.  Dès le début, j’ai eu comme une impression de « déjà lu », le sentiment de connaître la fin de l’histoire au bout du premier chapitre, en tout cas d’être capable de deviner ce qu’il allait se passer globalement, ce qui m'a fait un peu hésiter. Mais voilà l'impression et la réalité, cela fait deux et franchement, je me suis laissée happé par cette histoire au combien bienfaisante.
 
Gilles Legardinier décrypte avant tout les comportements humains et les différences entre hommes et femmes menant parfois à de drôles d’écueils qui pourraient être évités avec une plus grande dose de tolérance, un brin d’humour et d'échange.
L’héroïne, comme toujours dans les romans de Legardinier, est attachante, pétillante. De par son dynamisme et sa naïveté, elle nous entraîne dans tous ses délires et ses drôles de mésaventures. L’on se prend au jeu sans trop de difficulté, avec un petit sourire narquois au coin des lèvres.
Ce roman explore davantage la force des relations humaines qui permettent à un être blessé par la vie de se relever et la solidarité qui nous rend capable de soulever des montagnes. Sans nous épargner quelques clichés et une bonne dose de bons sentiments, Gilles Legardinier nous fait passer un moment de lecture sympathique non dénué de drôlerie et de tendresse grâce aux aventures rocambolesques de Marie et de toute sa clique. Mais ce roman, ce n’est pas seulement les histoires de cœur de Marie, c’est également des histoires d’amitiés qui se forment, de collègues qui s’unissent pour sauver leur entreprise, d’amis qui se soutiennent les uns les autres, de voisins qui se découvrent, de femmes qui se soutiennent,… Des personnages secondaires qui ont du poids, qui ont tous un léger grain de folie mais qui ressemblent à nos collègues, à nos amis. C’est une histoire d’écriture aussi, de lettres anonymes, de peur de faire le premier pas, de prendre ses responsabilités, d’oser, et d’agir pour les autres.
La morale de ce roman me semble être "cessons d'être individualiste et unissons nous, regardons nous, osons nous parler, le monde n'en sera que meilleur."