samedi 24 mai 2014

LE PEIGNE DE CLEOPATRE - ERNESTAM, Maria

Marie, « trop blonde, trop ronde, trop nature » est amie avec Anna. Une curieuse amitié qu’elle qualifie de « miracle mathématique [qui prouve] que deux lignes parallèles peuvent se rencontrer », et qui dure depuis des années. Anna, elle, est ultra-féminine, ouvre grand sa gueule – pas toujours au moment opportun – et sait faire le café comme personne. Toutes les deux sont follement amies avec Fredrik, mâle sublime et terriblement secret. Un jour de désarroi professionnel, nos trois lascars décident de monter une entreprise d’aide à la personne, afin de mettre en œuvre l’ensemble des compétences que tous trois maîtrisent… ou qu’on leur attribue. Vous avez besoin d’aide pour rédiger votre testament ? Votre armoire ne ferme plus ? Vos enfants sont nuls en mathématiques ? Ne cherchez plus ! La société Le Peigne de Cléopâtre est là pour répondre à vos besoins ! Tout se passe pour le mieux, jusqu’au jour où une vieille dame vient leur demander de… liquider son époux ! Certes, la pauvre femme est martyrisée par son tyran de mari, mais tout de même, la demande est pour le moins délicate. Comment convaincre cette femme que le meurtre ne rentre pas dans leur panel d’offres ? Et comment lutter contre la conviction que ce pourrait être la meilleure solution pour tout le monde ? Surtout quand un très gros chèque attend les liquidateurs. Les trois amis se trouvent face à un cruel dilemme. Cette situation peu courante les incite à mener, chacun de leur côté, une véritable introspection personnelle. Mari n’a peut-être pas tout raconté de son passé en Irlande, quand elle vivait avec David. Fredrik cache quant à lui beaucoup de choses de son passé, voire la totalité, et n’en dit pas beaucoup plus sur sa vie intime. Et Anna, qui a un mal fou à communiquer avec sa fille unique et qui occulte un bonheur possible, peine à mettre de côté son excentricité et son grain de folie, cause de ses difficultés avec sa fille. Comment être honnête avec les gens quand on ne l’est pas forcément avec ses meilleurs amis… et avec soi-même ? 
Maria Ernestam décortique les relations entre les gens et les réactions que chacun peut avoir face à des événements inattendus.
Les personnages sympathiques du départ se retrouvent écrasés et empêtrés par leurs graves traumatismes ; si bien qu'au lieu de se trouver au cœur d'un thriller, nous voici projeté en pleine psychanalyse des personnages. Oubliez le thème de départ, qui au gré de rebondissements surprenants finissent par peser sur le récit qui y perd en crédibilité. A traquer la part d'ombre qui se dissimule derrière chaque personnalité Maria Ernestam termine son livre dans une obscurité déconcertante. L’amitié est un sentiment complexe, telle est la morale de cette histoire.