mardi 18 mars 2014

LA FEMME A LA CLÉ - VAN DER MEER, Vonne

"Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discrétion assurée. Intentions sexuelles totalement exclues".
Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, quelques mois après la perte de son mari, décédé d'une crise cardiaque, Nettie décide de chercher un travail. Femme au foyer, elle n'a pas vraiment d'expérience professionnelle à faire valoir. Elle se tourne alors vers sa passion : la lecture. Peu à peu, elle se forge une clientèle hétéroclite, hommes et femmes, enfants et adultes, tous à la recherche du plaisir simple d'écouter une histoire avant de s'endormir.
Mais cette activité implique une intimité avec ses 'habitués' qu'elle n'avait pas prévue... Elle devient alors, malgré elle, confidente, amie, conseillère. Son projet inattendu aura des retombées surprenantes qui lui redonneront goût à la vie. On s'attache à cette femme blessée par la vie qui, grâce aux livres, prodigue et reçoit affection et tendresse.
Un livre de femme tendre et tranquille qui rappelle le film "la Lectrice", un voyage enchanteur à travers les livres où s'abolissent angoisse et tristesse. Ce livre est un roman très doux, comme une confidence chuchotée, et en même temps, il prend chacun de ses personnages à un moment décisif de sa vie.Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l'existence.
Prenons Nettie, la narratrice. Veuve, il lui faut trouver une activité professionnelle pour vivre. Elle choisit de devenir lectrice, presque une conteuse. Elle entre le soir dans l’intimité de ses clients, les borde, leur lit une histoire, presque comme une maman pourrait le faire. C’est flagrant avec le personnage de Renée, cette toute jeune adolescente déscolarisée, dont Nettie constitue le seul contact avec le monde extérieur.
Autant dire que cette profession peut sembler étrange, car Nettie n’est pas seulement une lectrice, elle recueille les confidences de ses clients, qui n’ont qu’elle comme rempart à leur solitude. Elle possède non seulement les clefs de leur demeure, elle a aussi accès à des émotions, des sentiments qu’ils n’osent confier qu’à elle seule.
Un bémol tout de même : le récit reste un peu court dans tous les sens du terme. Il manque de dimension et de pages pour densifier l'ensemble. Le livre reste à la surface des choses et des êtres.
La femme à la clé est une œuvre intimiste, qui mérite d’être découverte.

Le premier chapitre