mercredi 10 juin 2009

UN JUIF POUR L'EXEMPLE - CHESSEX, Jacques


Nous sommes en 1942 : l'Europe est à feu et à sang, la Suisse est travaillée de sombres influences. A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers "confite dans la vanité et le saindous", le chômage aiguise les rancoeurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d'un "gauleiteir" local, le garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhéane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang. Une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux.


 
Je suis une adepte de l'émission "Café crime", sur Europe1, présentée par Jacques Pradel

Un jour, il recevait l'auteur Jacques Chessex pour son livre Un juif pour l'exemple.

Petit bouquin de 103 pages. Vous entrez dedans et vous n'en ressortez qu'à la dernière lettre. Le début un peu long : présentation du lieu , des personnages, de l'ambiance. Mais après...

Un petit plus : ce livre relate un fait divers réel

Du même auteur et aussi prenant : Le vampire de Ropraz
En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination- meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la " crasse primitive ", la solitude, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?